L’écolonomie : les 5 étapes pour la réussir

Peut-on entreprendre sans détruire la planète ? Avec l’écolonomie, c’est possible ! Qu’est-ce que c’est exactement ? Nous sommes partis à la rencontre d’Anne-Mary Devey de Pocheco. Elle nous explique les avantages de cet outil de pilotage simple et peu connu qui permet de créer un maximum de valeur positive dans son entreprise.

Anne-Marie Devey de Pocheco nous parle de l’écolonomie

Quels sont les bénéfices de l’écolonomie ? Quelles sont les étapes pour être efficient?

Anne-Marie Devey, ingénieure nouvelles énergie dans le cabinet de conseil Ouvert, issu de l’entreprise Pocheco, nous explique les 5 étapes de l’écolonomie pour avoir une entreprise régénérative.

La valeur positive et les bénéfices réalisés grâce à l’écolonomie peuvent être énormes. Pocheco en est un bon exemple. Ils ont réalisé 10 millions d’investissements en 20 ans pour 15 millions d’économies. Cela a donc généré 5 millions net à travers toutes les actions mises en place dans ce développement écolonomique, sans parler des nombreux autres bénéfices (biodiversité, bien-être au travail, réduction des risques, cohésion des équipes…).

Qu’est-ce que Pocheco ?

Aujourd’hui, l’entreprise Pocheco, célèbre suite à son passage dans le film Demain de Cyril Dion, est considérée comme l’une des entreprises les plus innovantes du monde. Elle est devenue un modèle pour demain, pour un très grand nombre de sociétés.

Pourtant, au départ, elle n’était qu’une usine de fabrication d’enveloppes industrielles mise sous pli automatique. C’est Emmanuel Druon qui reprend l’affaire familiale, et il remet tout à plat. Il s’attaque aux problématiques sociales et environnementales que rencontre l’entreprise.

Aujourd’hui, l’entreprise fait sa part, à son échelle, et même mieux. Elle a entamé sa transition écolonomique dans les années 90, en 1997 plus précisément. Et c’est de cette transition qu’est né le bureau d’études d’écolonomie Ouvert.

En 20 ans, TOUS les sujets ont été traités dans l’entreprise, générant un impact positif massif :

  • l’énergie
  • la biodiversité
  • l’isolation
  • l’éco-conception
  • les déchets
  • la mobilité
  • la stratégie

Il n’y a pas un seul sujet qui a été épargné. Les encres remplies de solvants deviennent naturelles, les salarié·es créent des potagers partagés, les calories produites par les machines sont réutilisées pour chauffer l’atelier …

Aujourd’hui, par exemple, au niveau des déchets, plus de 99,97 % sont recyclés ou réinjectés dans l’économie circulaire !

Ce résultat est la réussite d’une écolonomie appliquée dans toutes les décisions de l’entreprise qui a su identifier, réaliser un diagnostique et une analyse pour voir les manières de valoriser tous les aspects de l’entreprise.

Pocheco et l’écolonomie dans le film Demain, Cyril Dion

C’est quoi l’écolonomie ?

Chez Pocheco, l’écolonomie est le fil rouge où chaque nouvelle décision ou action doit respecter les trois critères essentiels de l’écolonomie qui sont :

  • l’amélioration du confort au travail ou la réduction du risque sur les postes de travail, et aussi sur la santé des salarié·es
  • l’amélioration des impacts positifs sur l’environnement, ou la réduction des impacts négatifs
  • l’amélioration de la productivité et de la rentabilité de l’entreprise

La règle essentielle de l’écolonomie est de prendre des décisions qui vont apporter de la valeur positive à l’entreprise. On cherche avant tout à créer un impact positif sur 3 critères intrinsèques :

  • l’environnement
  • le sociétal
  • l’économie

L’action qui va découler des choix pris par l’entreprise doit avoir un impact positif sur ces 3 critères pour être mise en oeuvre. Sans quoi, ce n’est pas une démarche écolonomique qui oeuvre pour une entreprise régénérative.

L’écolonomie a été conceptualisée par Corinne Lepage. Et c’est Emmanuel Druon qui en a repris le concept et l’a appliqué à la lettre chez Pocheco.

Dans L’écolonomie 2, éd. Actes Sud, il explique que pour tendre vers l’écolonomie et une entreprise régénérative, il faut avant tout changer d’état d’esprit.

Au contraire du syndrome du poisson lune, qui grandit toute sa vie jusqu’à sa mort, l’écolonomie réfléchit à la manière d’entreprendre sans laisser de traces, et sans épuiser nos ressources naturelles.

Ainsi, un élément va recouvrir plusieurs fonctions. Par exemple, les toits de l’usine revêtent 3 fonctions différentes :

  • énergétique : on y place des panneaux solaires
  • de puits de lumière
  • de toits végétaux pour la biodiversité

Tout cela permet de réaliser de nombreuses économies tant sur le chauffage que sur l’électricité, puisqu’avec ces 3 fonctions il y a une isolation phonique et une diminution de la perte de chaleur.

Pourquoi mettre en place une stratégie écolonomique ?

L’enjeu premier de cette démarche est d’accélérer la transition écologique de son entreprise. Quand on prend des décisions en faisant attention aux 3 critères mentionnés au-dessus, on s’efforce de mettre en place une entreprise vertueuse et à impact positif.

Pocheco est aujourd’hui une entreprise vertueuse, mais surtout, très soudée. Les départs de postes sont rares et le bien-être au travail est tangible.

De plus, les bénéfices en termes économiques sont énormes comme on l’a vu. En 10 ans, ils ont réalisé 15 millions d’économie pour 10 millions d’investissement.

En plus de la valeur ajoutée à l’entreprise, la démarche d’écolonomie permet d’avoir une grande force d’attraction. L’entreprise devient un modèle et finit par développer des activités annexes. Par exemple, Pocheco accueille environ 600 visiteurs par mois, des séminaires et des conférences pour diffuser leurs connaissances.

Grâce aux principes et expérimentations mises en place par Emmanuel Druon et son équipe, l’entreprise a également pu ouvrir un cabinet de conseil à part entière, Ouvert, et éditer des livres sur le sujet de l’écolonomie.

Comment mettre en place une démarche d’écolonomie ?

Plusieurs étapes sont essentielles pour réussir à générer de la valeur humaine, environnementale et financière au sein de l’entreprise.

Pocheco est un peu le laboratoire d’expérimentation du bureau d’études Ouvert. La méthodologie mise en place dans son sein est celle qui est exportée dans les autres entreprises qui souhaitent être accompagnées.

À l’origine, Pochecho cherchait à se faire accompagner sur ses évolutions, par un bureau d’études qui aurait cette vision transversale sur tous les sujets de développement durable. Faute d’avoir trouvé, ils ont décidé de monter en compétences en interne. Le succès de la démarche a conduit Pocheco à conseiller d’autres entreprises très intéressées par ses nombreux bénéfices, quitte à se transformer en profondeur.

Pocheco et l'écolonomie, quelles étapes pour développer de manière durable
Anne-Marie Devey explique les principes fondamentaux de l’écolonomie

Quelles sont les étapes pour rentrer dans une démarche d’écolonomie ?

1.Inspirer

La première étape est d’inspirer. Il faut d’abord inspirer les équipes dirigeantes, le comité de direction avant d’essayer de toucher tous les autres niveaux.

Le film Demain a contribué a inspirer de nombreuses personnes qui viennent visiter le site de Pocheco (plusieurs centaines par mois). Cette inspiration s’est aussi faite grâce aux écrits d’Emmanuel Druon, à ses conférences, aux visites du site… Le plus important ce sont les échanges.

L’inspiration est essentielle car elle permet de déclencher la 2e étape.

2. La phase diagnostique

Cette étape est essentielle. Il s’agit de se rendre sur site pour faire un état des lieux des bonnes pratiques et de celles à améliorer.

Il faut regarder l’existant et passer au peigne fin l’activité de l’entreprise.

On implique les parties prenantes, et ce dès la première phase. Il s’agit d’avoir un fonctionnement bottom up. Il faut éviter de faire de l’information inspirante qui soit descendante et qui inspire seulement le comité de direction, qui est ensuite en charge de diffuser cela. Il faut inspirer et impliquer tous les niveaux.

Durant le diagnostique, la rencontre avec les parties prenantes sur site, est primordiale.

3. La co-construction et la co-élaboration

Cette 3e étape est celle de l’intervention. Il faut demander l’avis des personnes concernées sur les différents sujets.

Cela passe par des :

  • groupes de travail
  • sessions de créativité

Il est important d‘écouter et de s’intéresser au positionnement de chacun, à la sensibilité des différents sujets. Chaque personne doit se sentir intégrée à la démarche de l’écolonomie.

Parfois, il peut y avoir des personnes réfractaires au changement. L’idée commune que le changement induit une perte, et est une contrainte est répandue. Sauf que l’écolonomie est un changement qui est en réalité un facilitateur.

Intégrer toutes les parties prenantes dès les premières étapes est indispensable pour s’assurer que tout le monde se sente intégré et non contraint.

C’est grâce à cela que la co-construction rend possible des plans d’action qui peuvent aller de 200 à 300 idées uniques pour réinventer le site.

4. L’aide à la prise de décision

C’est à ce moment que le bureau d’études Ouvert intervient pour le compte de tiers.

Ouvert pose différent scénarios pour faciliter la prise de décision : les actions sont-elles toutes pertinents ? Comment les prioriser ?

Ecolonomie avec Pacheco, rencontre avec Anne-Marie Devey qui explique les étapes essentielles
Anne-Marie Devey explique l’importance des quickwins

5. La mise en œuvre

Durant la phase précédente il faut faire ressortir les actions que l’on appelle les « quick wins ». Ce sont les actions qui nécessitent un faible investissement et qui vont avoir un impact fort, presque immédiat.

Les « quick wins » c’est LE truc à faire en 1er pour initier le déclic dans l’entreprise et qui permet d’aborder les étapes suivantes simplement.

Il n’y en a pas toujours mais lorsqu’on en identifie, il faut les mettre en place rapidement car elles donnent des résultats qui génèrent de l’adhésion à la démarche.

C’est comme un wagon de tête qui lance la locomotive. Cela génère des économies qui vont permettre d’avoir des ressources financières, pour ensuite mettre en place d’autres actions, parfois plus coûteuses et moins évidentes.

Par exemple, baisser le chauffage d’1° dans les locaux, quand c’est envisageable, permet d’économiser jusqu’à 7 % de sa facture d’électricité. Cela dépend évidemment de la typologie du site et du système de chauffage, mais il peut y avoir de vraies économies sur ce poste de dépenses.

Les exemples sont nombreux et se détectent lors du diagnostique. On peut aussi trouver des « quick wins » au niveau de fuites d’eau, ou d’air comprimé. Cela se diagnostique assez facilement.

Un robinet qui coule en continu, ce sont des ressources gâchées. C’est la même chose pour l’air comprimé. Cela demande une dépense en énergie pour la production, que l’on perd ensuite dans le réseau. En fonction du type de fuite, cela peut représenter jusqu’à 30 % du poste de consommation d’air comprimé ou d’eau qui est perdu par la ou les fuites.

Les valeurs essentielles de l’écolonomie

L’écoute est primordiale. Le suivi des actions dans la durée aussi.

La transformation de l’entreprise peut être longue. On le voit avec Pocheco, qui met encore des actions d’amélioration en place, 20 ans après ses début dans l’écolonomie. Durant ce temps Pocheco a généré énormément de plus value et est devenu une inspiration énorme pour des milliers d’entreprises.

Plusieurs thématiques telles que la communication responsable, ou encore le plan de mobilité peuvent vous permettre de réussir votre RSE et d’entrer dans une démarche écolonomique.

Si vous souhaitez améliorer l’impact environnemental et humain de votre entreprise. On vous livre 16 enregistrements exclusifs de conférences (dont une de Pocheco) qui vous apprendront à donner de la valeur à votre entreprise, tout en accélérant sa transition écologique.

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