Comment générer de la valeur à partir des déchets d’entreprise ?

Delphine Dugas, directrice des opérations et Associée du Cabinet HSE Optimisation nous explique comment créer de la valeur à partir des déchets d’entreprise.

Entretien avec Delphine Dugas, associée du Cabinet HSE Optimisation

Elle nous explique les 3 leviers clés pour réussir à valoriser ce que l’on jette habituellement. 

Tout d’abord, il est important de comprendre les enjeux qui se cachent derrière la gestion et l’utilisation des déchets d’entreprise avant de voir les 3 niveaux d’amélioration que sont :

  • la prévention en amont
  • l’optimisation du processus d’entreprise
  • la gestion des déchets en aval

Bien évidemment, ces leviers dépendent de la maturité de l’entreprise, mais chacun peut mettre en place des actions pour valoriser ses déchets.

Ainsi, optimiser et valoriser ses déchets d’entreprise permet de réduire les coûts mais aussi d’avoir des rentrées d’argent qui remplacent des dépenses liées à la gestion habituelle des déchets. On arrive facilement à des niveaux d’économies entre 25% à plus de 100% sur certains budgets.

L’enjeu de la gestion de l’utilisation de ses déchets d’entreprise 

Aujourd’hui, pourquoi est-ce un enjeu de création de valeur important que de se pencher sur la gestion de l’utilisation de ses déchets d’entreprise ? 

Tout d’abord, c’est un enjeu pour l’entreprise pour sa survie et pour ses perspectives d’avenir. Toutes les parties prenantes veulent plus de transparence, de maîtrise de réduction des impacts. Cela vient à la fois de la part des clients, des consommateurs qui demandent plus de transparence sur les pratiques et des principes plus verts. 

Cela vient aussi de la part de ceux qui financent. Cela touche directement le portefeuille de l’entreprise qui prête. On lui demande son impact environnemental, la maîtrise qu’elle en a, s’il y a un bilan environnemental. Il y a une comptabilité de la valeur extra-financière qui prend de plus en plus d’importance.  

Les fonds verts prennent de plus en plus de poids et ont une croissance exponentielle. L’argent se dirige dans cette direction là. 

Il y a aussi une histoire d’assurance. Les assureurs ont intégré en premier les risques environnementaux à leur prime d’assurance. Pour calculer le risque, plus il y a une gestion hasardeuse et plus la prime peut augmenter.

Il  y a une prime aux bonnes pratiques qui se traduit en économie nette de la part des assureurs, comme des financeurs. 

Au cabinet HSE Optimisation, il y a des clients qui demandent à leurs fournisseurs d’intégrer certaines pratiques. Par exemple, de se mettre aux normes par rapport à la réglementation, sans quoi les clients refusent de continuer à travailler ensemble. Il y a un vrai enjeu stratégique aussi à ce niveau-là.

1.Prévenir et optimiser en amont 

Le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. Il faut donc travailler en amont pour faire en sorte qu’on n’ait pas de déchets qui ressortent en bout de chaîne.

Une des solutions c’est notamment l’éco-conception, particulièrement pour des emballages. Par exemple, le Cabinet HSE Optimisation travaille avec un client qui reçoit sa marchandise en big bags non réutilisables. Ils sont donc jetables et à usage unique. Ce qui fait que des centaines de milliers de sacs sont produits et jetés, chaque année.

Une des pistes d’optimisation est de remplacer ces déchets jetables par des réutilisables, pour avoir la possibilité de les revendre en bout de chaîne. Cela permet de les réinjecter dans un circuit d’économie circulaire.

2. Optimiser les process d’entreprise 

Entretien avec Delphine Degas et Thomas Béguin pour parler des déchets en entreprise
Delphine Dugas et Thomas Béguin parlent des déchets d’entreprise et la manière de devenir zéro waste

Ce niveau se situe au cœur de l’entreprise. Il s’agit de séparer les matières (le tri) le plus en amont possible. À partir du moment où il y a un mélange des matières, on ne peut plus en faire grand chose. 

Ainsi, tout ce qui est séparable durant un processus isolé, n’est plus considéré comme un déchet. Il s’agit d’un co-produit, ou d’un sous-produit. C’est une matière à qui l’on essaye de donner une vie directement, sans transformation.

Il ne s’agit pas de recyclage car on sort vraiment un produit du processus. Il sert, en l’état, à une autre industrie. 

Par exemple, les cidriers de Loïc Raison ont comme déchet le marc de pomme lorsqu’ils fabriquent leur cidre. Ils ont réussi à isoler les pépins de pommes en l’état, qu’ils extraient et orientent vers des filières qui vont les presser pour en faire de l’huile. De cette huile on extrait des principes actifs qui vont intéresser la cosmétique, par exemple.

D’un déchet, on fait deux sous-produits valorisables. Il n’y a pas forcément beaucoup de pépins sur le revenu global, mais il y a une valeur ajoutée (liée à leurs principes actifs) qui est énorme.

3. La gestion des déchets d’entreprise en aval

Ce levier se fait un peu plus en aval de l’activité de l’entreprise. On y retrouve toutes sortes de déchets et donc il y a des optimisations intéressantes à y faire.

Ces déchets, s’ils sont remis en mélange dans une benne, même si c’est une belle matière, on ne peut rien en faire, car cela coûte trop cher à traiter.  

Ensuite, il y a  l’impact transport qui est significatif dans les déchets. Pour travailler sur le transport il faut essayer de réfléchir à réduire le volume du déchet. Cela peut être pour des déchets qui sont des issus des autres processus, ou du déchet humide déshydraté. On peut enlever l’eau du déchet (déshydrater) pour éviter de transporter de l’eau pour rien. Cela densifie la matière.

Grâce à cette densification, on peut réduire le nombre de camions sur la route de 30% à 50%. Donc ça peut être très économique.

Ce qui est bien avec les déchets c’est que les économies se jouent sur deux tableaux : quand on travaille sur le déchet, on arrive rapidement à augmenter le taux de recyclage et à réduire les coûts. Puisqu’on limite jusqu’à 50 % les camions, ça vous coûte 2 fois moins cher. Cela réduit de 50% les impacts sur les gaz à effet de serre associés.

Pour résumer, voici les principaux leviers d’action pour créer de la valeur avec ses déchets d’entreprises :

  • optimiser en aval pour éviter de produire des déchets 
  • séparer le matériau à la source pour que le déchet se transforme en produit noble
  • réduire la quantité de déchets à la source

L’objectif du Cabinet HSE Optimisation, c’est de trouver comment améliorer la valeur du déchet et aider les entreprises à aller vers moins de déchets. La performance de l’entreprise sur son marché, et par rapport à ses tiers, dépend de sa capacité à maitriser la ressource et à être au plus juste pour éviter les gaspillages.

Comme chez HSE, nous sommes convaincus que les entreprises doivent intégrer le zéro déchet, avec une philosophie qui considère le zéro déchet comme une stratégie globale.

Lorsqu’une entreprise sort un nouveau programme, il faut réunir tout le monde pour réfléchir aux déchets qui sont un gaspillage à tous les niveaux. C’est une ressource que l’on transporte, que l’on stocke, que l’on conditionne et que l’on manipule. C’est du temps passé par les opérateurs qui engendre des coûts cachés. 

Cette revalorisation des déchets d’entreprise peut notamment faire partie d’une démarche RSE. Bio-entrepreneur a d’ailleurs rencontré Jean-Baptiste Cottenceau, qui nous explique comment réussir sa stratégie RSE.

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