Mode éthique et le 1er jean bio au monde

La mode éthique à succès à partir d’une filière textile sinistrée

Le point de départ : la mode éthique, un idéal confronté à une réalité

La mode éthique ? Voici des raisons d’y croire : ça existe, ça rapporte et c’est génial !

Au départ, il y avait… la filière textile ruinée en France, la ville de Romans sur Isère touchée de plein fouet, bien que des savoirs faire d’excellence sont présents sur place depuis des générations, en confection de vêtements et chaussures, en travail du cuir.

L’idée de Thomas Uriez a donc été dès le départ de redonner une vie au tissu local en créant une marque de vêtements écolos.

Problème : très vite, Thomas se rend compte qu’on ne peut pas vraiment rencontrer le succès en affaire en vendant « des bonnets péruviens ». Il faut donc rapidement trouver autre chose.

Le vrai début de l’aventure : la mode éthique devient réalité une fois le concept né

Trouver quelque chose de porteur, que tout le monde pourra vêtir, petits, ou grands, hommes ou femmes, jeunes et vieux, voilà un nouveau point de départ prometteur, le nouvel concept se dessine patiemment.

Il faut quelque chose que non seulement tout le monde puisse le porter, mais aussi qu’il soit sexy, stylé, bio bien sûr, à un prix abordable.

Quoi de mieux qu’un jean pour ça ? L’idée est née. Thomas Uriez se lance dans la confection d’un jean haut de gamme, au top de ce qu’on peut attendre d’un jean, avec une promesse en plus de l’éthique qui figure dans l’ADN même du projet : vous aurez « de belles fesses ». ça s’appelle vendre du rêve, ni plus, ni moins.

« Qui ne veut pas de belles fesses » ??? C’est tellement universel… que ça marche !

Le jean répond à 100% au cahier des charges, au concept. Thomas Uriez fait donc le pari de créer sa marque de jeans éthiques à partir de l’expertise en confection issue des anciens ateliers sur Romans sur Isère… le « know how » local. Et ce jean sera « Made in France » ou ne sera pas.

Mieux que ça, ce jean sera « fabriqué à moins de 1083 kilomètres de chez vous », distance qui séparent les 2 villages les plus éloignés de France.

Thomas fera travailler des artisans français de sa ville et participera par la même au soutien de l’activité locale. Ce sera un jean haut de gamme ou en tout cas positionné au même niveau que Lewis ou d’autres, à un prix de 80 à 120 euros. « on a regardé comment faisaient les meilleurs » et « on a fait pareil ».

La mode éthique de 1083 sur sa rampe de lancement

Sans argent, Thomas Uriez a misé le tout pour le tout sur une campagne de crowdfunding sur Ulule. Autrement dit, il a demandé aux internaute de soutenir son projet pour lui permettre d’être lancé.

Et ses espérances ont été largement dépassées. Il lui fallait 100 précommandes pour lancer la production sur la plus petite configuration business viable. La campagne a rapidement généré 2500 précommandes.

BOOM !!! Lancement réussi !

Mode éthique et facteurs de succès

La mode éthique 1083

Afin d’en faire un produit proche des gens, l’un des critères de fabrication était aussi de réduire le nombre d’intermédiaires par la mise en place de circuits courts. Le circuit court étant une manière très simple de garder un niveau de traçabilité élevé, et dont un niveau de qualité vérifiable pour les utilisateurs et clients en bout de chaîne.

D’ailleurs Borne in France l’équipe de Thomas Uriez vont encore plus loin dans cette voie. Un QR code est placé sur toutes les étiquettes dans chaque jean. Il permet aux clients de la marque d’aller voir qui sont les ouvriers et artisans qui ont travaillé sur leur jean.

Mode éthique et jeans bio 1083Et c’est génial à plus d’un titre. « Les artisans qui fabriquent les jeans me disent, waou c’est génial, en 40 ans de carrière, je n’avais jamais eu de retour des clients qui achètent ce que je produis. » dit Thomas Uriez, créateur de la marque.

Et les clients peuvent entrer en contact avec les artisants.

Autrement dit, cela redonne un lien humain très concret dans une industrie revue et corrigée et précisemment là où l’humain passe le plus souvent à la trappe.

Normalement dans l’industrie classique, on dit souvent que le coût du produit est compromis par le coût du travail. Mais en réalité, c’est surtout le nombre d’intermédiaires qui rend le coût prohibitif.

En reprenant entièrement la filière avec des circuits courts, des valeurs bien encrées et une démarche locale, Thomas Uriez a prouvé que non seulement c’était possible, mais en plus la formule donne un business à succès, crée des emplois et un engouement au niveau de la clientelle qui en redemande.

Au point que les médias se l’arrachent aujourd’hui.

Pousser la mode éthique… ok mais jusqu’où ?

Vous l’avez compris 2083 aurait pu s’arrêter là que c’était déjà pas mal. Mais bien sûr, ils sont allés plus loin. Voyez plutôt.

La matière première était au départ du coton importé, et bon le cottons, on sait ce que ça fait au niveau agricole, au niveau consommation d’eau exorbitante… Le coton utilisé pour les jeans de la marque a finalement été remplacée par du coton issu du recyclage de vêtements déjà en France.

Et là, bingo, en plus des valeurs qui font déjà de l’aventure une aventure eco entrepreneuriale exemplaire, l’entreprise est entrée à fond dans une démarche d’économie circulaire… où sa matière première provient des déchets recyclés des autres et donc en donnant une deuxième vie, réduisant de moitié du même coup l’impact environnemental de la production agrilcole du cotton.

Donc si on reprend bien les choses, on peut dire que Thomas Uriez a su reconstituer une filière complète, la filière Jean en France qui était pour ainsi dire.. morte. Il en a fait un exemple d’éco entreprenariat réduisant bon nombre d’impacts négatifs que l’on croyait inévitables dans l’industrie classique ou à l’ancienne. Et il les a replacé par des impacts positifs en recréant du lien, en valorisant ses équipes et ses clients, et en prenant soin de l’ensemle de la filière (hommes et nature comprises).

Et l’aventure ne s’arrête pas là. La gamme de vêtements devrait s’élargir. Et l’entreprise devrait voir ses principes de confection élargis et empruntés par la concurrance un jour où l’autre, tout en gardant une longueur d’avance.

A suivre…

Et maintenant pour résumer – les pistes à explorer et à mettre en oeuvre dans votre businesss

  1. S’armer dès le départ d’un concept produit qui rencontre un très large marché.
  2. Concevoir des vêtements qui répondent au cahier des charge bio.
  3. Faire avec les savoirs faire qui se trouvent près de chez vous.
  4. Evaluer la configuration business minimum viable pour lancer le projet.
  5. Faire appel au crowdfunding pour votre lancement de produit si vous n’avez pas d’argent.
  6. Réduisez au strict minimum le nombre d’intermédiaires / privilégier les circuits courts (Là le made in France a du sens).
  7. Recréer du lien entre vos clients et les artisans qui ont crée le produit (c’est redonner du sens).
  8. Remplacez vos matières premières importées par des matières premières issues du recyclage.

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